Synthèse à propos du cannabis

 

Synthèse de l'étude réalisée par le professeur Jean Costentin pour l'Institut pour la justice ;

Le cannabis, une catastrophe sanitaire en devenir. (Publication en décembre 2016)

 

Table des matière de la synthèse

I       - Une consommation qui prend des allures de pandémie.

II     - Les multiples méfaits du cannabis.

III    - L'escalade vers d'autres drogues est fréquente.

IV    - Le cannabis, un poison pour le corps.

V      - Le subterfuge du cannabis médicament

VI    - Il ne faut pas légaliser le cannabis.

 

Voici la synthèse en format PDF en cliquant sur le lien en bleu ci-dessous (de l'Institut pour la Justice) :

Synthèse cannabis

 

Notes et Synthèses N°39 - décembre 2016


Le cannabis, une catastrophe sanitaire en devenir


Synthèse de l’étude réalisée par le Professeur Jean Costentin pour l’Institut Pour la Justice, Le chanvre indien, un drame pour notre jeunesse et plus largement pour notre pays

Notes et Synthèses N°39 décembre 2016

 

I – Une consommation qui prend des allures de pandémie


Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée en France ; notre nation détient à cet égard le record européen. Notre pays compte 1.600.000 usagers réguliers de cannabis. Un « usager régulier de cannabis » est celui qui consomme au moins un joint tous les trois jours. Eu égard à l’exceptionnelle persistance dans l’organisme de son principe actif, le tétrahydrocannabinol (le THC), cette fréquence de consommation assure une imprégnation permanente de l’organisme par le THC. Ces usagers réguliers sont donc dépendants du THC (ils sont les homologues des alcoolo-dépendants pour l’alcool). On dénombre par ailleurs plus de 600.000 sujets qui ont une consommation uni- ou multi-quotidienne. L’expérimentation chez les 18-64 ans, en France, a augmenté de 27% sur la période 2010-2014, passant de 33% à 42%.


L'usage régulier du cannabis connaît également, au cours de cette même période, une très forte progression (+ 41%), passant de 2,2% à 3,1% entre 2010 et 2014. Enfin cette hausse s'inscrit dans un contexte de net accroissement de l'auto culture et de la production locale d'herbe, avec plus de 140.000 pieds de cannabis saisis en 2013, contre 55.000 en 2010. En parallèle, le marché de la résine demeure très dynamique avec un niveau de saisies important. Ces chiffres sont énormes, au regard du caractère illicite de cette drogue, dont l’usage est, tout de même, relativement réprimé. Trois cent mille de nos enfants, entre 12 et 15 ans, c'est-à-dire au collège, entre la cinquième et la troisième, s’en sont déjà approchés ; or, plus tôt l’essayer c’est plus vite l’adopter et c’est plus intensément se détériorer. Les empreintes précoces sont des empreintes durables, qui peuvent laisser des cicatrices profondes et indélébiles.


Le cannabis a l’image d’une drogue « douce » et « récréative » et est activement défendu par des lobbies influents. Pourtant le cannabis est un produit hautement toxique, qui persiste des semaines dans l’organisme, qui induit une véritable dépendance physique et psychique, dont les effets sur le cerveau des adolescents sont catastrophiques et dont les liens avec la folie sont avérés.

 

II - Les multiples méfaits du cannabis


- Une drogue au long cours


Le THC, à la différence de toutes les autres substances psychotropes, une fois qu’il a atteint le cerveau, ne repart pas vers le sang. Il ne regagne pas la périphérie du corps pour être rapidement éliminé mais reste présent dans le cerveau pendant des semaines. Le THC, en effet, se dissout dans les graisses qui participent en abondance à la composition des membranes des neurones et des autres cellules cérébrales et y reste stocké. Le flux sanguin apporte donc le THC au cerveau, mais le reflux ne le remporte pas. Cela ressemble à une vague qui, à la marée montante, se répand sur une plage de sable sec ; elle est bue et ne reflue pas. Chaque vague successive de THC vient accroitre la quantité retenue. Dans l’intervalle entre deux « joints », le THC qui était retenu dans les tissus cérébraux s’en libère au très long cours ; il ruisselle à partir des stocks constitués. L’assèchement de ces stocks est très lent. Ainsi, deux mois après l’arrêt complet de toute consommation de cannabis, ses consommateurs réguliers continuent d’éliminer dans leurs urines des dérivés de ce THC.


Si le consommateur de cannabis vient à interrompre sa consommation, ce n’est qu’après deux à trois jours qu’il ressent nettement les effets de sa privation et qu’il éprouve le besoin impérieux d’en consommer à nouveau. Ce long intervalle libre, comparé aux 60 à 90 minutes intercalées entre deux cigarettes de tabac, a été interprété, à tort, comme la preuve d’une faible dépendance au cannabis. Cette interprétation est erronée. L’individu qui ne fume qu’un joint tous les trois jours est en permanence sous l’influence du THC.

Cela explique que des troubles psychiques d’apparition soudaine peuvent être perçus des semaines après l’arrêt de toute consommation de cannabis. Ces résurgences inopinées semblent correspondre à un relargage soudain du THC stocké dans les graisses du cerveau et peuvent avoir des conséquences très graves, par exemple si l’on est en train de conduire, ou bien de manipuler des machines ou des outils.
Par ailleurs le cannabis a la singularité d’agir à des doses très faibles. Pour ressentir les effets stupéfiants du cannabis il suffit d’une concentration de THC de l’ordre du microgramme, soit mille fois moins que pour la morphine.

Le cannabis n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente qui induit une dépendance psychique et une dépendance physique fortes. Mais du fait que les manifestations physiques qui émanent de l’abstinence du cannabis sont très différées (de l’ordre d’une quinzaine de jours) par rapport à l’arrêt total de sa consommation, elles sont souvent mal appréciées. Au lieu de la « chute en piqué », du « crash », observé à l’arrêt de consommation des drogues rapidement éliminées, telle l’héroïne, on assiste avec le THC à ce qui s’apparente à un vol plané, du fait de sa très longue persistance dans le cerveau et dans le corps.

 

III - A partir du cannabis, l’escalade vers d’autres drogues est fréquente.

En France, 600 000 individus consomment au moins un joint ou un pétard par jour (et parfois plus de 10). C’est surtout parmi eux que se recrutent ceux qui, à partir du barreau cannabis, vont accéder aux barreaux du dessus de l’échelle des toxicomanies : celui de la cocaïne, de l’ecstasy ; celui des amphétaminiques ; puis celui des produits utilisés comme substituts à l’héroïne (méthadone, buprénorphine) ; pour accéder enfin, au sommet de cette échelle, à l’héroïne (qui compte désormais plus 250.000 « utilisateurs »).
Ceux qui atteignent le barreau de l’héroïne ont le plus souvent emprunté préalablement le barreau du cannabis. Cela s’explique notamment par le fait que le THC prépare l’individu à percevoir d’une façon magnifiée les effets de la morphine et à en devenir physiquement dépendant.
Très souvent l’usage de ces drogues est non pas successif mais cumulatif. Ainsi le cannabis est souvent associé à l’alcool, pour accroitre leurs effets. Sur la route ce cocktail est détonnant : il multiplie par 14 le risque d’un accident mortel et est responsable de plus de 300 morts par an.

- « la fumette ça rend bête »
Différents effets cérébraux du THC, tels que l’ivresse, la sédation, la perturbation de l’attention, de la vigilance, de la mémoire de travail, de la mémoire à court terme ont des conséquences cognitives considérables. Ils sont autant d’éléments qui perturbent d’une façon manifeste les processus éducatifs. Or, c’est à l’âge du collège, du lycée, de l’université que le cannabis s’abat sur notre jeune génération. Une étude récente montre que l’abus durable de cannabis fait perdre jusqu’à 8 points de quotient intellectuel ; cette perte n’étant pas toujours récupérable après l’arrêt de l’abus. Tout cela peut être résumé d’une façon triviale, mais qui frappe les jeunes esprits : « Le chichon, ça rend con » ; ou de façon plus polie : « la fumette ça rend bête ».
La France, qui compte parmi les États de la planète qui consacrent le plus de moyens à l’éducation de ses enfants n’est pas payée en retour par leur classement dans les concours internationaux. Elle ne se trouve ainsi qu’au 27ème rang du classement PISA. Or on peut estimer qu’éradiquer le cannabis de la sphère éducative contribuerait à faire gagner une quinzaine de places à ce classement.

- Le cannabis peut rendre fou ou bien aggraver la folie déclarée
Le THC produit des troubles délirants et hallucinatoires. Délire et hallucinations sont caractéristiques de la schizophrénie / de la psychose / de la folie (au sens commun du terme). Faut-il vraiment s’étonner qu’une drogue qui induit ces expressions consubstantielles de la folie puisse avoir des relations étroites avec elle ? Les études font ainsi ressortir que plus l’âge de la consommation est précoce, plus la dose est élevée, et plus le risque de développer une schizophrénie est grand. Le risque de devenir schizophrène est multiplié par 6, entre 18 et 28 ans chez un adolescent ayant consommé, avant l’âge de 18 ans, plus de 50 joints (en tout). Il a ainsi pu être estimé que si le cannabis était épargné à nos jeunes, cela réduirait en France de 80.000 environ le nombre de schizophrènes.

 

- IV  Le cannabis, un poison pour le corps

Le THC a un effet immunodépresseur ; il réduit la capacité de l’organisme de lutter contre les envahisseurs microbiens. Le fumeur de cannabis s’expose donc à un risque accru d’angines, de broncho-pneumonies et même de cancers. En outre le THC a une toxicité cardiovasculaire manifeste. Il est la troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde. Il est à l’origine d’artérites des membres inférieurs chez des sujets jeunes. Il peut aussi être responsable d’accidents vasculaires cérébraux, et ce également chez des sujets jeunes.

Le THC a des effets néfastes sur la gestation et sur le bébé qui en naitra : prématurité ; hypotrophie foetale ; retard du développement psychomoteur de l’enfant ; accroissement du risque de mort subite inexpliquée du nourrisson ; survenue plus fréquente du syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention ; vulnérabilité accrue au développement de toxicomanies à l’adolescence.

 

V - Le subterfuge du cannabis médicament

Le ministère de la Santé vient, après le désastreux signal de l’autorisation des « salles de shoots » pour les toxicomanes, de prendre un décret autorisant le cannabis à des fins thérapeutiques. Ce faisant il n’a tenu aucun compte des opinions très négatives exprimées tant par l’académie nationale de Médecine que par l’académie nationale de Pharmacie. Autoriser comme médicament une drogue dont on connaît, avant sa commercialisation, les multiples et parfois très graves méfaits est proprement surréaliste. Cette aberration intervient dans une période où l’on élimine de la pharmacopée des médicaments qui y figuraient depuis des dizaines d’années, jugeant, avec le recul du temps, que leurs rapports bénéfices / risques sont désormais insuffisants.

Très peu de temps après la parution de ce décret, un premier « médicament » qui associe, dans un spray, du THC à un autre cannabinoïde (le cannabidiol), le Sativex®, a obtenu l’autorisation de mise sur le marché. Ce « médicament » revendique pour indication : les spasmes douloureux survenant chez des patients victimes de sclérose en plaques. Pourtant les bénéfices escomptés par l’usage de ce médicament sont d’une grande modestie, alors que les risques encourus peuvent être considérables.


Cela s’explique par le fait que les lobbies qui prônent la légalisation du cannabis jouent de la stratégie du cheval de Troie. Ils travestissent le cannabis en médicament pour faire progresser son acceptation. On voit déjà s’exprimer la requête pressante d’un élargissement de l’indication jugée trop restrictive – « spasmes douloureux de la sclérose en plaques », dans l’attente impatiente que cela devienne bon pour tout et bon pour tous.


Parallèlement, ils expliquent que le chiffre des consommateurs est désormais tel qu'on ne peut plus rien arrêter et qu’il faut rompre avec la prohibition. Ils feignent d’ignorer que des pays qui furent très laxistes avec le cannabis se sont ravisés avec une remarquable efficacité ; comme le fit la Suède, d’une façon exemplaire, après les années 1980. Voilà qui démontre que, même en matière de toxicomanies, on peut perdre une bataille sans avoir perdu la guerre, pour autant qu’on veuille résister. Avant d’envisager de renoncer à cette prohibition il importe de comprendre pourquoi, et par la faute de qui, cette prohibition fonctionne si mal en France.

 

VI - Il ne faut pas légaliser le cannabis


La loi de prohibition du cannabis est largement méconnue des adolescents. Elle l’est aussi de leurs parents, à moins qu’ils soient allés chercher au commissariat de police leur rejeton, pris en flagrant délit de consommation, d’achat ou de vente de cannabis. Elle est méconnue des adolescents parce qu’elle n’est pas enseignée (excepté par les rares exposés de la gendarmerie dans les collèges et lycées) ; parce qu’elle n’est pas rappelée par les médias, hormis quand ils militent pour son abolition.

Cette loi est incomprise, à défaut d’être expliquée à partir des considérations sanitaires qui devraient prévaloir : en expliquant pourquoi le cannabis est délétère pour la santé physique et pour la santé psychique. Sans cet argumentaire la loi apparait tel un oukase de « papys grognons » qui « n’aiment pas la jeunesse ». Ainsi a-t-on vu croître le nombre des parents qui ignorent cette loi et qui, y contrevenant eux-mêmes, se mettent hors-jeu pour en faire la pédagogie.

Les enseignants dont les efforts sont ruinés au quotidien par l’intrusion du cannabis dans le cerveau des élèves ne sont pas formés pour en parler. Nos jeunes sont très régulièrement destinataires de messages biaisés, fallacieux, dont certains émanent même de membres du gouvernement ou des assemblées.
Dans ce contexte, qui peut raisonnablement s’étonner que la prohibition ne fonctionne pas ? La pandémie cannabique est le résultat de manipulations délibérées, entretenues, périodiquement ranimées.
Pourtant, les raisons invoquées par les jeunes qui ne consomment pas de cannabis tiennent, pour 60% d’entre eux, à la toxicité de cette drogue et, pour 40%, à l’interdiction du produit. Autoriser cette drogue fera croire à ces premiers qu’elle n’est pas toxique, tandis qu’elle lèvera l’interdit qui retenait les autres.
Et tout laisse penser que la légalisation du cannabis ne serait que la première étape. Ceux qui aujourd’hui requièrent la légalisation du cannabis ont déjà, pour beaucoup d’entre eux, exprimé leur volonté de voir autoriser toutes les drogues. Ils ont aussi plébiscité les « salles de shoots » qui pourront accueillir les multiples victimes supplémentaires de leurs choix irresponsables.


Il est de plus en plus à craindre que les efforts déployés par des lobbies influents, qui sévissent en particulier dans le monde des médias, aboutissent à la dépénalisation, puis à la légalisation du cannabis. Cela ne manquerait pas d’accroître sa diffusion, à la mesure de celles de l’alcool et du tabac, aggravant la catastrophe sanitaire imputable à ces deux dernières drogues.
Le tabac, avec ses 13 millions de fumeurs et ses 78.000 morts par an; l’alcool avec ses 4,5 millions d’alcoolo-dépendants, ses dizaines de milliers d’alcooliques, ses 49.000 morts ; sans oublier les innombrables estropiés de ces drogues. Sous prétexte que nous ne sommes pas capables de contrôler les ravages du tabac et de l’alcool, devenons-nous y rajouter ceux du cannabis pour nous montrer « cohérents » ?
Mobilisons-nous, il n’y a pas de fatalité. Ceux qui ont goûté au cannabis ne sont pas voués à en rester dépendants toute leur vie, et la légalisation de cette drogue n’est pas inévitable.
Même si nous, détracteurs du cannabis, sommes pour le moment minoritaires et dérangeons, nous devons résister, car nous disposons de toutes les données qui nous donnent raison. En France, le char de l’état n’a pas de marche arrière, le législateur est incapable de reconnaître ses erreurs. La grande difficulté qu’il y aurait à abolir cette légalisation doit nous inciter à tout faire pour l’empêcher.


 

Le Dr Costentin répond (ci-dessous) à un groupe qui semble vouloir faire la promotion du cannabis ou du moins en minimiser les dangers. Costentin parle de son approche concernant le cannabis et montre la difficulté à faire de cette drogue un médicament... Bien que ce groupe reproche au Dr Costentin de ne pas répondre à leurs questions, eux en contrepartie, ne répondent pas ou peu aux questions légitimes du public qui voit bien que cette drogue cause de graves problèmes à leur progéniture (on le constate dans tous les pays du monde où les médias banalisent cette substance toxique et principalement aux Pays-Bas, au Colorado et en Nouvelle-Zélande). Il est évident que leur démarche vise à diffamer de manière tranquille un médecin soucieux et inquiet pour la jeunesse. Histoire d'une polémique constructive... Histoire aussi de vous mettre la puce à l'oreille!      Christian  (PS : Les commentaires en bleu dans le texte sont de moi)

 

Le cannabis est-il dangereux?

Source : http://controverses.sciences-po.fr/archive/cannabis/index-13833.php

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Jean COSTENTIN est membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie. Professeur en pharmacologie à la faculté de Rouen, il dirige une unité de recherche de neuropsychopharmacologie associée au CNRS. Président du Centre National de prévention, d'études et de recherches en toxicomanie, il a publié en 2006 Halte au cannabis !, destiné au grand public.

 

Nous avons réalisé un entretien par mail avec Jean Costentin, le 4 mars 2011. Plutôt que de répondre à notre questionnaire, il a préféré rédiger un article spécialement pour notre recherche, et nous a envoyé des articles scientifiques en lien avec notre sujet. 

 

Les principaux enseignements de cet entretien, par rapport à notre controverse :

Premier article : Le cannabis peut-il être un médicament ?

Des frontières floues

La frontière entre psychotrope-médicament et psychotrope-drogue peut, en fonction de la dose utilisée, être mal définie. Lorsqu’une substance affecte des activités psychiques avec une intensité reliée à la dose, il s’agit d’agents psychotropes. S’ils affectent des fonctions psychiques normales sur un mode purement quantitatif (intensité), il pourra s’agir de médicaments. S’ils n’affectent non plus (seulement) quantitativement mais aussi qualitativement le fonctionnement cérébral, il s’agit alors de psychodysleptiques et très communément de drogues.

Une généralisation difficile qui empêche de considérer et classer le cannabis comme médicament

Encore une fois est rappelé ici la quasi impossible généralisation en ce qui concerne le cannabis. En effet, la composition en principes actifs du cannabis est des plus variables selon l’organe de la plante considéré, la génétique de la plante (multitude de variétés), le lieu de son développement (sol, climat, moment de la récolte). Les grains de résine sont de plus agglomérés avec des ingrédients divers pour constituer le haschich ou « shit » qui connaît les mêmes variations de composition que la plante entière.

[Encore ici, est occulté le potentiel psychotique du cannabis. Et même si ce potentiel psychotique ne concerne pas l'ensemble de la population, le fait de parler du risque à grande échelle, comme le fait le Dr Costentin, est légitime. Il n'y a donc pas de généralisation de la part du Dr Costentin. Même si le fait de pouvoir produire une variété de cannabis, dont le contenu serait à 99% connu par l'État et les médecins, ne change en rien le pouvoir idiopathique de cette substance toxique pour le cerveau humain. Autrement dit, le groupe qui cherche à minimiser les affirmations du Dr Costentin occulte volontairement les cas de psychoses toxiques provenant d'une prédisposition génétique dont les mécanismes sont (officiellement du moins) inconnus. Par conséquent, ils masquent à la population et aux élus une partie des effets secondaires prouvés du cannabis, principalement chez les moins de 33 ans. En raison de la découverte de la MEPP par une chercheuse de l'Ohio (qui est mon amie depuis 2004), les lecteurs de ce site savent maintenant que le cannabis est à proscrire pour tous. Tenter de consommer, ne serait-ce qu'une seule fois du cannabis est l'équivalent de jouer à une sorte de roulette russe rarement mortelle mais tout de même partiellement invalidante voire invalidante. Pour plus de détails, consulter l'article de vulgarisation ici :  http://www.anticorruptiontranquille.ca/index.php/lesdrogues ]

Un regard alarmiste, voire caricatural, de la part de Costentin qu’il justifie par sa méthode de recherche sur le THC pur, sur la molécule en tant que telle

Selon lui, [et selon maints chercheurs] le THC provoque sédation, diminution de l’anxiété, ivresse, désinhibition, effets amnésiants, troubles cognitifs avec perturbation de la mémoire de travail (mémoire opérationnelle), et de la mémoire pour l’action et à court terme. Induction de délires, induction d’hallucinations, effet orexigène (ouvrant l’appétit), effet analgésique, effet myorelaxant, effet antimétique (réducteur des vomissements), induction de comportements impulsifs, irrépressibles, sentiment de déréalisation, de dépersonnalisation, émergence inopinée de comportements agressifs, emballement de l’humeur, sensation de toute puissance physique et psychique.

Sa conclusion : le THC est une substance toxicomanogène, inductrice d’une toxicomanie, d’une pharmacodépendance, avec un pouvoir d’accrochage très fort. Le THC induit une dépendance psychique, ce qui est consubstantiel de toute drogue ; cela se vérifie par l’intensification de la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens, qui constitue la signature neurobiologique de toute pharmacodépendance.

Selon nos autres interlocuteurs, ces interprétations sont discutables, puisqu’il mélange par ses études plusieurs types de critères et arrive à des conclusions qui généralisent à la fois la toxicité de la substance en tant que telle et les potentiels toxicomanogènes, qui sont également liés à des facteurs plus sociaux et psychologiques, pas seulement physiques. [Cette conclusion est vrai, lorsqu'ils parlent "d'interprétations discutables. " En fait, ce que le lecteur ne décode pas en lisant le texte de ce groupe de recherche, c'est que leurs interprétations aussi sont plus que discutables. Et ma doléance ici provient du fait que dans le doute, on s'abstient. Ces chercheurs savent que le cannabis est psycholitique, et ils minimisent ce fait en utilisant le sophisme de la relativisation. S'il est vrai qu'il n'y a pas de consensus au sujet d'un cannabis 100% toxique pour tous, il existe cependant un consensus que le cannabis avec seulement 2 à 4 % de THC, peut conduire à la psychose toxique (plusieurs tribus amérindiennes élisaient leurs grands sorciers de cette manière). Or, aujourd'hui, le cannabis est à plus de 15% voire, 20% et même 30% de THC. On a même trouvé une huile provenant d'Afghanistan à 70% de THC en fin 2015. Et tragiquement, l'augmentation de THC dans le cannabis partout à travers le monde augmente les cas de psychoses toxiques et autres maladies mentales graves sans compter la dépendance, et les pertes de productivité, etc.  Pour vous donnez un exemple concret (concernant l'erreur sociosanitaire du groupe de recherche) : lorsqu'un seul enfant dans une école, est allergique aux arachides, l'école, alors, interdit cette substance dans l'établissement entier. Et pourtant, point n'est de mentionner le risque d'existence d'autres enfants potentiellement allergiques. Seul celui atteint est cité et bénéficie d'une protection tout à fait légitime. Or, pourquoi le même argument n'est-il jamais invoqué lorsque les médias et certains lobbys parlent au sujet de la décriminalisation de cette substance, voire de sa légalisation?]

Une méthode pour ces recherches

Ces études de toxicologie détermineront les toxicités aigue, semi-chronique, chronique, sur plusieurs espèces animales (Rat-Lapin-Chien-Porcs). Elles comportent en particulier la mesure de très nombreux paramètres biologiques (par la pratique de très gros bilans de biologie clinique), suivis du sacrifice des animaux et de l’examen anatomo-pathologique des différents organes. À cela s’ajoute des études de fécondité, sur l’embryotoxicité, la foetotoxicité et sur le développement post-natal. Des études de mutagénèse de carcinogénèse viendront compléter les précédentes.

Le Cannabis est un produit aux caractéristiques spécifiques

Selon Costentin, le cannabis recèle une rémanence très élevée (persistance de la substance dans l’organisme après le ressenti des effets). Cette rémanence masquerait la dépendance psychique et physique du produit ; ce qui pousserait d’autres chercheurs à arriver à des conclusions différentes.

Un exemple précis quant aux dangers du cannabis où la controverse est vive et largement corrélée aux types d’études menées et aux méthodes de recherche : cannabis et schizophrénie

Selon Costentin, il y a responsabilité du THC « longtemps suspectée mais désormais bien établie au plan épidémiologique et bien expliquée au plan neurobiologique » dit-il, avec la schizophrénie. Il cite l’étude séminale d’Andreasson (publiée en 1983, après le suivi de dix ans d’une cohorte de 50 000 conscrits suédois (1971-1981) établissait que le fait d’avoir fumé plus de 50 joints en tout, avant l’âge de la conscription multipliait d’un facteur de 6 le risque de développer une schizophrénie. Il cite ensuite l’étude de M-L Arsenault (Nouvelle Zélande) qui montre que parmi 1000 jeunes ayant débutés leur consommation de cannabis entre 12 et 15 ans, à l’âge de 18 ans, 10% d’entre eux étaient devenus schizophrènes. Nous n’avons pas plus d’informations sur les méthodes utilisées dans ces études.

Fait intéressant : on retrouve les mêmes études, citées par différents acteurs qui s’opposent et que nous avons interviewé, pour soutenir des positions antagonistes

Jean Costentin cite l’étude SAM (Stupéfiant et Accidents de la Route) et explique qu’il a été établi que le cannabis seul était à l’origine d’environ 300 morts annuels en France. Il va même plus loin en disant que l’on sait maintenant que ces chiffres ont été sous-évalués.
Voir l’analyse de l’entretien avec Jean Michel Costes de l’OFDT, qui mentionne la même étude pour défendre l’idée que le cannabis est relativement peu dangereux, pris seul, dans les accidents ; il explique que c’est comparable avec l’usage du téléphone portable au volant alors que l’alcool est immensément plus facteur d’accidents de la route (voir analyse entretien J.M. Costes).

[Ici les détracteurs du Dr Costentin mettent de côté les recherches de Stanley Milgram qui prouve que 85% des gens obéissent aux autorités. Ce taux monte à plus de 95% lorsqu'il s'agit d'autorités sanitaires. Ainsi, comme ce site le prouve, la décriminalisation ou la légalisation du cannabis va entraîner une hausse phénoménale des essais de cette substance par les jeunes (et moins jeunes qui, autrement, n'auraient jamais essayés cette substance toxique) et ainsi, comme l'ont montré des chercheurs américains et néerlandais, une épidémie de dépression, de psychoses toxiques et de schizophrénie va survenir dans les 10 ans. Donc, les biais qu'ils reprochent au Dr Costentin leurs sont aussi attribuables. Pire encore, on peut leur reprocher leur imprudence, voire leur insouciance abyssale. Le fait que l'alcool sur la route tue, ne rend pas plus acceptable les autres morts sur la route qui surviendront en raison de l'irresponsabilité de certains dirigeants. On ne rigole pas avec la santé des gens. Le Dr Costentin nous avertit d'un écueil qui a un fort potentiel de couler notre navire civilisationnel et nous devons l'écouter.]

 

Une autre théorie controversée : la thèse de l’escalade

La théorie de l’escalade stipule que consommer du cannabis accroît les prédispositions à consommer des drogues dite dures : cocaïne, crack, héroïne. La question est de savoir si cela vient de facteurs sociaux, liés par exemple aux fréquentations du fumeur de cannabis et à une plus grande proximité d’autres produits, ou à des facteurs biologiques et physiques, liés à la substance du cannabis ; les conclusions sont ainsi très différentes et la question est clairement sujet à controverse, au regard de nos différents entretiens. [Près de 100% des personnes ayant essayé le cannabis un jour dans leur vie avaient déjà fumer le tabac auparavant. Et la vaste majorité des personnes interrogées à propos de leur consommation de drogues de synthèse ont avoué avoir consommé du cannabis en premier lieux. De plus, que cette augmentation de la consommation d'autres drogues proviennent de facteurs sociaux ou physique ou psychologique, cela ne change en rien la donne : le cannabis perturbe les maturation neuronales et favorise l'apparition de maladies mentales graves. Et ces atteintes avilissantes au cerveau ne peuvent que favoriser d'autres échappatoires... d'autre enfermement dans ces faux paradis...  Nous sommes en présence d'une potentielle réaction en chaîne sociocidaire programmée... point à la ligne!]

Selon Jean Costentin, « à l’heure où se développent les polytoxicomanies, on perçoit bien que l’escalade toxicomanique est de plus en plus manifeste ». Il parle d’une évolution : on commence par le café, puis le tabac, puis le cannabis, l’alcool, ensuite vient la cocaïne et enfin l’héroïne. [Même si cette "évolution" n'est pas la même pour tous, on constate qu'elle est tout de même réelle dans un pourcentage de plus en plus grand de la population. Par conséquent, l'abstinence à toute drogue, et principalement celles quel'on nomme à tort "douces", EST la solution première et prioritaire à favoriser auprès des jeunes et de toute la population. Voir à ce sujet l'onglet "Questions et réponses" du présent site.]

Deuxième article : Nouveau regard sur le cannabis

Dans cet article, Jean Costentin explique que, aujourd’hui, des données épidémiologiques soulignent la nocivité du cannabis, tandis que des études neurobiologiques éclairent ses mécanismes d’action. Selon lui, les conclusions de ces études sont « en rupture flagrante avec les propos erronés et banalisant qui continuent d’être tenus sur cette drogue ».

Un autre point de controverse : Costentin soutient la thèse qui stipule que le cannabis d’aujourd’hui est beaucoup plus dosé que celui hier, celui des années 70. Or, selon J.M. Costes, cette affirmation est fausse et invérifiable puisque nous ne disposions pas à l’époque des instruments de mesure des taux comparables à ceux d’aujourd’hui. [Cette dernière assertion du groupe de recherche est totalement fausse (je m'abstiens de dire mensongère) puisque nous disposons d'un patrimoine semencier de graines de marijuana de souche intacte provenant des années 60 et 70 et qui ont été analysées aux USA.]

L’article décrit ensuite en détail les mécanismes d’action du cannabis dans le cerveau.

Des points intéressants sur les méthodes de recherche pour évaluer les dangers du cannabis

Costentin explique que le cannabis provoque une dépendance psychique qui a des équivalents expérimentaux chez l’animal. Il parle ainsi de la « classique épreuve de préférence de place ». Voici l’extrait de l’article concerné : « Dans cette épreuve le rongeur, après avoir reçu du THC, est introduit dans une enceinte aux caractéristiques bien identifiables par ses murs et plancher ; le lendemain, après avoir reçu le solvant, il est introduit dans une autre enceinte aux caractéristiques bien différentes de celles de l'enceinte fréquentée la veille. De semblables administrations et expositions alternées sont pratiquées à plusieurs reprises ( 2 à 4 fois ), puis l'épreuve finale est pratiquée. Lors de celle-ci l'animal, ne recevant aucun traitement, est mis dans un couloir s'ouvrant sur chacun des deux compartiments dans lesquels l'animal a expérimenté l'effet du THC dans l'un et l'absence d'effet du solvant dans l'autre. Si la substance étudiée avait, à la dose utilisée, des effets appétitifs, l'animal, afin de retrouver les sensations agréables qu'il avait éprouvées, va séjourner dans le compartiment préalablement associé à cette substance plutôt que dans celui associé au solvant. Le THC, à des doses élevées, induit une aversion de place. Elle procède de la mise en jeu d'endorphines du type dynorphine, opérant une stimulation de récepteurs opioïdes de type Kappa (Ghozland et coll., 2002 ). A de plus faibles doses que les précédentes, le THC induit une préférence de place (Cheer et coll., 2000 ; Chaperon et coll., 1998 ; Lepore et coll., 2000 ; Valjent et Maldonado, 2000); elle implique une médiation par des endorphines, stimulant des récepteurs opioïdes de type mu (Ghozland et coll., 2002 ) ».