Polluants hormonaux

 

« Des détergents responsables des mutations sexuelles chez les poissons ». (titrait le Journal Le Devoir édition du 20 février 2004 suite à une découverte de l'Institut Armand Frappier). Plusieurs détergents domestiques et industriels, qui contiennent des surfactants, pourraient être les principaux responsables des altérations importantes du système reproducteur des poissons du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, où ont été observés des signes sérieux de féminisation des mâles chez certains poissons-sentinelles. C'est ce qu'a affirmé David Marcogliese, de la Direction de la conservation du milieu au Centre Saint-Laurent d'Environnement Canada, en entrevue au Devoir. M. Marcogliese est un des signataires de l'étude (chercheurs de l'Institut Armand-Frappier qui ont fait la découverte) dans la revue Toxicological Sciences, divulguée dans nos pages lundi (Le devoir, fév. 2004). Cette étude révèle que le tiers des poissons-sentinelles mâles, le queue à tache noire, ont développé en aval de l'usine d'épuration de Montréal des ovaires à l'intérieur de leurs organes génitaux et que leurs caractères reproducteurs mâles tendent à s'atténuer sensiblement. De plus, de récentes études, réalisées cette fois dans l'Outaouais, en amont de Montréal, ont permis de déceler des organes féminins en train de se développer à l'intérieur des organes mâles chez 50 % des spécimens. On retrouve des villes et des papetières en amont de ces sites d'échantillonnage.

Plusieurs types de détergents domestiques et industriels, ainsi que plusieurs familles de pesticides, contiennent des surfactants de la famille des nonyl-phénols. Ces détergents ont aussi plusieurs usages industriels, ce qui explique (…) qu'on les retrouve maintenant dans les sédiments des cours d'eau en aval des effluents des usines d'épuration et des grandes industries comme les papetières. Ces contaminants imitent les messages chimiques d'un système hormonal normal, dans lequel les faux messages induits par des contaminants oestrogéniques (types pilules anticonceptionnelles) peuvent provoquer des altérations du système de reproduction, des cancers et des malformations congénitales. » [1] Or, bien que les papetières soient les plus gros pollueurs, les produits chimiques domestiques et les pesticides sont fortement rependus dans nos foyers et les femmes enceintes et les enfants en sont les premières victimes. Tous les produits issus de l’industrie chimique et pétrochimique [2] sont potentiellement dangereux et constituent une menace à prendre très au sérieux surtout lorsqu’ils sont utilisés au foyer. En fait, on devrait les bannir de nos foyers.


[1] Les femmes qui prennent la « pilule » rejettent dans les égouts des contaminants hormonaux qui atteignent la faune sous-marine. Puis, par la consommation de produit de la mer, des lacs, fleuves et rivières, nous nous contaminons indubitablement. Les acides gras oméga provenant de la faune marine sont particulièrement dangereux à ce niveau.

[2]On apprend que les phtalates contenus dans les produits de soins corporels sont reliés à la féminisation des bébés masculins. Les protections pour tissus et tapis causeraient le cancer et entraîneraient des dérèglements hormonaux. De plus, le bisphénol A, qui sert à fabriquer les biberons, est connu pour causer des perturbations hormonales. Ce produit est associé plusieurs pathologies graves : le cancer du sein, de la prostate, la puberté précoce chez les fillettes. Le déficit de l’attention et l’hyperactivité et même l’obésité. (PC 7 février 2008. J de Q 8 février 2008 p 18. Et J de Q 4 avril 2008 p 28.)

Autre source : http://archives.lesoir.be/le-bisphenol-a-feminise-les-males_t-20110629-01G8FY.a.html?&v5=1